femmes loups

Femmes modernes, épanouies, aussi douces qu'indépendantes, nous sommes de celle que Lo que sabe, de celle qui sait, la femme sauvage instinctive avant que les machos n'enferment notre genre dans des considérations sexistes de moindre force, de moindre intelligence et de moindre maturité. Comment en sommes-nous venu(e)s à cela ? Lesquelles se sont battues quand ces intégristes du genre mâle ont décidé de nous retirer nos droits de liberté et d'égalité ? Nous ne le sauront sans doute jamais... Cela semble si loin que beaucoup s'étonnent encore qu'on puisse être autrement une femme qu'avec des régimes, une position passive, des vêtements ou des activités conseillés, qui nous marquent parfois autant que feu une étoile jaune.

Qui a vu le film _ Jacky et les filles_ ? Si farfelue que le script semble être, en inversant les rôles, les femmes fortes et militaires, les hommes soumis et voilés, on est pas si loin de la vérité symbolique chez nous voire carrément intégriste chez les fondamentalistes de tous bords.

 

Alors, si j'avais une fille, comment devrais-je l'élever ?

Pas de gentils contes de Perrault ou de petite sirène, pas de mythes du prince charmant qui rendrait ses attentes sur les hommes causes de tous ses malheurs.

 

Plus sûrement des contes plus instructifs comme Barbe Bleue ou plus positifs comme Manawee ? L'auteur de Femmes qui courent...voit dans le premier un conte initiatique de la femme docile qui doit retrouver son instinct de femme sauvage, de celle qui sait que son si charmant mari n'est qu'un monstre. Et qui doit faire appelle à sa famille - ses ressources psychiques et son courage en fait – pour se libérer de l'emprise du mâle dominateur.

Pour le second récit, Manawee, à la fois homme et chien (l'instinct), doit réellement s'intéresser à la femme qu'il veut - et pour cela découvrir son vrai nom – pour la conquérir... Bien qu'ils s'agissent de deux sœurs dans le conte, elles ne font qu'une, elles sont à la fois la douce et la sauvage instinctive qui existent dans chaque femme, qu'elle en soit consciente ou non, qu'elle ait anémié son côté sauvage pour mieux plaire aux codes sexistes ambiants.

 

« Elle joue du saxophone, disait une mère dans une file d’attente. Je préférerais qu'elle fasse du violon ou du piano, c'est plus élégant pour une fille. Le saxo, c'est lourd en plus. » Saluons cette maman -qui bien que polluée – laisse quand même sa fille pratiquer les activités qui l'attirent, masculines paraît-il...

Laisserais-je ma fille pratiquée les activités qu'elle veut ? L'élèverais-je comme un humain et non seulement en fille ? Oui, bien sûr, évidement. Mais comment ne pas craindre à nouveau son exclusion à l'identique de la mienne, de millions de femmes qui ont décidé la liberté et non la soumission et qui en paient le prix du non-amour ? Il y a bien sûr des chanceuses qui ont pu associer les deux , nous en connaissons tous … Mais on compte quand même 19 millions de célibataires en France. 25 millions dans les pays scandinaves. Combien de destins sans amour, de célibat forcé juste parce qu'on est pas « la fille ou la femme » que les machos qui s'ignorent nous demandent d'être ? Vous me direz qu'il y a sans doute des millions de mecs bien parmi ses 19 millions ? mais combien capables de tomber amoureux d'une femme à égalité, en taille, en liberté sexuelle ou non, en formations, en diplômes ou en salaires ? Si vous habitez dans les très grandes villes, sans doute ce discours vous paraîtra peut-être un rien exagéré -et encore … - mais rien de ce que je dis n'est loin de la réalité des villages et des villes de moins de 300 000 habitants que je connais.

 

Heureusement Pasini et d'autres estiment que la guerre des sexes qui sévit en douce depuis les années 90 – mais après tout Henry James et son portrait de femme l'avait déjà bien avant mis en scène dans un roman – ne durera que deux générations. Les 18 -25 ans que je côtoie tous les jours semblent certes moins machistes et plus équilibrés dans leur relation à l'autre genre... Mais pour combien de temps ? Les stéréotypes ne nous ont-ils pas eu nous mêmes à l'usure ? Autrefois étudiants, jeunes actifs , toutes les rencontres paraissaient possibles : plus petits, plus jeune ou plus vieux, peu importait. On aimait et on enlaçait qui on désirait. Vingt ans de société consuméristes plus tard, votre ex-étudiant engagé est devenu un comptable stressé par ses chiffres et qui vous regarde de travers parce que, selon lui, vous ne le mettez pas en valeur : 2cm de plus que lui, un salaire plus élevé, et en plus vous mettez des talons ! Fin de la belle histoire, bienvenue dans l'ère du pré-pensé, même l'amour.

Ne nous reste que l'espoir et le hasard, la reconquête de notre active-séduction... d'ailleurs, je parviens assez facilement désormais à sourire aux hommes qui me regardent et qui me plaisent. Qui sait, peut-être un jour..

Et vous ?