Comme beaucoup d'entre vous, vous m'en parlez dans vos mails et vos commentaires, passée la quarantaine, je me pose la question : vais-je franchir le pas ? Dans quelles conditions faire des bébé toutes seules serait-il  harmonieux pour eux comme pour moi ?

Je crois que l'esprit la Transition de Rob Hopkins, et cette belle invention des habitats groupés, vont peut-être nous offrir quelques perspectives...mais à dire vrai ce sont les éléphants qui m'ont donné cette idée. Le très beau documentaire sur _la nuit des éléphants_ explique que les groupes des mâles et femelles vivent en quelque sorte en parallèle. Le troupeau de la matriarche est uniquement constitué d'enfants, et de femelles. Quand les éléphanteaux mâles deviennent trop trop turbulents à l'adolescence, ils rejoignent le groupe des mâles. Et quand les adultes le souhaitent,males et femelles peuvent se rencontrer durant la nuit…

Attention, je ne suis pas en train de dire que toutes les mamans doivent virer de chez elles  leur adolescent insupportable !

Je dirais plutôt que cette expérience de grands mammifères avec un cerveau aussi développé que le nôtre, qui paraissent d'une grande sagesse, ont peut-être trouvé en partie la solution en ces temps de guerre des sexes si pénible à vivre. 19 millions de célibataires en France, 25 millions en Allemagne... rappelons-le.

Quels sont les arguments contre le fait de mettre au monde, d'élever en parents célibataires à un ou des enfants ?

- la difficulté de la tâche : deux parents pour un bébé, il s'avère que c'est hautement nécessaire pour arriver à tout gérer

- le budget : un parent célibataire avec un seul enfant ne touche absolument rien s'il appartient à la classe moyenne, m'a t-on dit ( on préfère payer des FIV de 20 000 euros pièce à des mères qui n'arrivent pas avoir leur second enfant, et non aider simplement une femme qui a un enfant à charge, même si elle gagne environ 20 000 e par par an. Vive le médicale :( !)

- l'investissement nécessaire sur 20 ou 30 ans qui risquent de porter préjudice à l'épanouissement personnel du parent célibataire ; ses sorties, voire sa reconversion sentimentale peuvent en être fortement altérées. Dans le genre "tout pour mon enfant et je m'oublie tragiquement moi -même".

Si ces grands pachydermes à la tradition millénaire ont jugé bon de ne pas forcément s'investir dans une vie de couple au quotidien, peut-être qu'en bons mammifères comme nous, ils ont compris que les amours peuvent être intenses mais passagères, voir malsaines pour certaines. Mais que pour autant, nous n'avions pas à renoncer  à notre vie de parents voire de futurs parents, et qu' un groupe d'entraides matérielles et psychologiques peut permettre à chacun de s'épanouir dans cette tâche ô combien essentielle.

Imaginons maintenant que j'aies  la possibilité de créer ou de rejoindre un habitats groupés "parents célibataires" ou "mères célibataires"...

- Bien sûr, il va falloir que je m'intègre dans ce village dédié/ cette résidence  destinée à une famille élargie. Mes voisines pourront me confier leurs enfants quand elles seront prises,  et moi je pourrai faire de même.  Il y aura parmi elles des infirmières, des médecins ; en tant qu'enseignante, je pourrai aider ces petits bouts à faire leur devoir en corrigeant mes copies ou à prévoir de super sorties culturelles ! Il y aura aussi des fans de cuisines qui seront capables de faire manger des légumes à nos p'tits bouts, à leur apprendre des tas de choses que je ne maîtrise pas, le bricolage de haute précision ou le crochet (j'arrive toujours pas!)...la mécanique, certaines langues étrangères, etc.

Bref, la vision est peut-être un peu trop idyllique, mais pour la première fois de ma vie, je m'autorise à rêver de quelque chose de formidable,  je pourrais réellement mettre au monde un enfant* en me disant que je suis un assez mature pour lui faire aimer la vie et que je pourrais rendre cette aventure harmonieuse grâce à l'aide d'un habitat groupé de ce genre.

*Voire deux ou trois enfants. Y'a des jumeaux dans la famille.

Phé-No-Ménal !

Il y a parmi mes amies,  des personnes d'une soixantaine d'années, des femmes formidables qui, en leur temps, n'ont pas osé passer le cap, justement parce qu' elles aimaient trop leurs enfants pour les mettre au monde dans des conditions  trop impressionnantes pour elles et leurs proches. Elles ont quelques regrets bien sûr ... Elles sont célibataires, sans enfant, vieillissantes et feraient de parfaites mamies.

Et comme je n'aurai pas la joie d'être Tata non plus, et que ma mère mérite d'être la grand-mère incroyable qu'elle sera forcément, je songe raisonnablement à faire des bébés toute seule (mais avec l'aide d'un habitat groupé)

- Si je trouve/créée  un habitat groupés dédié aux parents célibataires

- si l'ambiance dans cet habitat groupé me convient (vive la PNL ! et la Méditation!)

SI je résous un dilemme de plus : quel père biologique donner à mes enfants ?

Il serait facile évidemment de faire des enfants, dans le dos d'un homme de passage...Pas mon truc.

Il y a forcément des hommes qui eux aussi voudraient avoir des enfants mais que la vie n'a pas comblé de ce côté-là et qui ferait  de très bons pères. La psychologie confirme qu'un enfant a besoin d'un référent féminin et d'un référent masculin (ce qui existe aussi dans les parents homosexuels, n'en déplaisent aux intégristes!).Sans vivre ensemble, sans nous aimer au-delà d'une estime, une affection nécessaire pour le bien-être de notre enfant, nous pourrions lui et moi  faire de très bons parents...

Sans juger ce qui se fait, je ne souhaite pas que mes enfants soient le fruit d'une rencontre dans une éprouvette.  S'ils ne sont pas le fruit de l'amour que je partagerais avec mon compagnon (pas encore trouvé et quand ?) ,  ils doivent au moins être le fruit  d'une belle nuit de plaisir.

Alors peut-être qu'un jour je pourrai annoncer la naissance d'un grand amour : mon premier enfant et moi !