Tant de gens vivent en immortels de ce côté -ci de la Terre; chanceux que nous sommes puisqu'on peut vivre longtems et que l'accès aux études et aux savoirs permettent encore de se forger un destin au delà des déterminismes de notre naissance. 

Je me rappelle un épisode de _Stargate S.G.1_ où une E.T. déclare son attirance ouvertement à ce bon vieux mac giver des étoiles, précisant que, dans sa culture E.T., cela se fait sans détour. Très naturellement : "Tu me plais ; je te plais ? Alors ok...

" Des siècles de mariage arrangés ont sans doute mis une chape de plomb sur cette belle spontanéité des désirs et des sentiments ; quand on ne peut pas choisir son mari, comment déclarer sa flamme dès qu'elle poudroie ou foudroie ? 

Même si on veut saisir chaque seconde de la vie, en une pleine conscience bienveillante et reconnaissante, rien ne dit que les autres en sont déjà là ou veulent se séparer du cadre rassurant des conventions. 

Je me vois bien croiser mon collègue dans les escaliers, seuls, comme jeudi soir dernier, et - au lieu du "bonjour monsieur /bonjour mme", lui dire "ce costume est trop beau, et sur toi, c'est un appel au pèché. Imagine si je glissais ma petite main sur ton côte gauche, sur ce fin tissu élégant rose très pâle. J'imagine déjà la texture de ta peau sous mes doigts, tendue et en suspens."

Les escaliers - bien que le _thomas crown nouvelle version _ (oui, je fais la grèves des majuscules aujourd'hui) en donne un exemple remarquable entre Pierce Brosnan (ah ben non finalement) et Renée zellweger (2 ailes à Zelweger ? flemme...). Les escaliers donc ne sont pas un lieu très confortables pour succcomber à la tentation mais ça résoud les problèmes de taille entre les deux partenaires, aussi ^^

Je parlais de peur d'aimer et voilà que je me noie dans les prémisses d'une scène torride...Désolée. Mais je veux bien épouser ce collègue, si tant est qu'il divorce avant, oups...Bref. Je diverge encore. 

Je dois faire la grève de l'amour comme je fais la grève de la lingerie ou des mariages de famille ? Tomber amoureus(e) peut être, de loin, la chose la plus désagréable à affronter face aux vivants... Et sans doute ne sourit-on pas de plaisir à l'idée de se laisser attraper la peste ou un truc qui va vous renverser dans tous les sens et vous écorcher à vif. Certes, parfois ça ne se passe pas aussi désagréablement mais , dans mon expérience, c'est si rare. 10% de chance que ce soit agréable. Maigre score. 

Beigbeder dit , dans _Au secours Pardon_, il me semble... que l'on peut s'empêcher d'aimer. Et pour une part, sans doute a-t-il raison. Et pourtant je rêve encore de rencontres dans les escaliers en un temps figé où lui et moi pourrions être ce que nous ressentons. 

30% des couples se rencontrent au travail, dit-on... Facile à échelon égal. Pas facile si hiérarchie, personne ne veut se voir taxer de harcèlement. Bref, je reste juste une petite chose évanescente dans le grand univers, impuissante. Rien de quoi se rassurer pour OSER, malgré les 90% de risques de crash du coeur.